Qui peut s’émouvoir d’un vieil aéronef cloué au sol, d’un wagon isolé sur une voie de garage, ou encore d’une carcasse de chalutier échoué dans la vase ?

Devenus vestiges, ces globe-trotteurs fatigués et inertes révèlent des univers de labeurs passés, blessures apparentes du temps que Manolo s’empresse de saisir avant recyclage ou disparition. Par sa peinture instantanée, il pose un regard ému sur le corps de ces « Grands Voyageurs » aériens, terrestres ou maritimes, en se focalisant sur un détail : peinture, pochoir et autre trace d’activité humaine et de vie antérieure. Il magnifie tous ces signes, pictogrammes et autres langages techniques mystérieux, et nous invite à découvrir ses abstractions de matières vivantes à mi-chemin entre peinture et photographie. L’œuvre du temps est là et, sublimée en grand format, sa puissance graphique nous surprend.